Pendant cette période hors norme, le Meunier Qui Dort propose des chroniques croquantes pour démarrer une journée pétillante : le réveil du Meunier.

Episode 11: Hommage à Luis Sepulveda

Assis sur les bombonnes de gaz, le dentiste et le vieux regardaient couler le fleuve. De temps en temps, ils se passaient la bouteille d’a gouar diente, et fumaient des cigares de feuilles dures, les seuls qui résistent à l’humidité. Écoute, j’avais complètement oublié dit le dentiste : je t’ai apporté deux livres. Les yeux du vieux s’allumèrent. – D’amour ? Le dentiste fit signe que oui. Antonio José Bolivar Proaño lisait des romans d’amour et le dentiste le ravitaillait en livres à chacun de ses passages… Ces quelques lignes sont issues du Vieux qui lisait des romans d’amour…

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Assis sur les bombonnes de gaz, le dentiste et le vieux regardaient couler le fleuve. De temps en temps, ils se passaient la bouteille d’a gouar diente, et fumaient des cigares de feuilles dures, les seuls qui résistent à l’humidité. Écoute, j’avais complètement oublié dit le dentiste : je t’ai apporté deux livres. Les yeux du vieux s’allumèrent. – D’amour ? Le dentiste fit signe que oui. Antonio José Bolivar Proaño lisait des romans d’amour et le dentiste le ravitaillait en livres à chacun de ses passages…

Ces quelques lignes sont issues du Vieux qui lisait des romans d’amour, Ce conte génial, est un magnifique récit d’aventure à dimension métaphysique. Il nous embarque au cœur de la forêt amazonienne et nous invite à repenser notre rapport avec la nature. Ce livre apporta une reconnaissance internationale à Luis Sepulveda qui s’est éteint en Asturie où il viviat. Le 16 avril dernier emporté par le virus qui a mis au pas le monde entier, Cet écrivain Chilien qui a connu les geôles de Pinochet vécu ensuite en Amazonie chez les Indiens Shuars, puis à Hambourg et Paris avant de se poser au nord de l’Espagne. « La seule patrie c’est la langue », aimait dire cet éternel exilé qui ne pouvait vivre loin de la mer. J’ai adoré la lecture de ses romans qui cachent une puissance renversante derrière une naïveté contrôlée et qui nous fait voyager aux confins de l’humanité sans laisser aucun détail lui echapper, je vous recommande :

Le Monde du bout du monde, Le Neveu d’Amérique, Un nom de toréro, Rendez-vous d’amour dans un pays en guerreIngrédients pour une vie de passions formidables, L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines, La Fin de l’histoire…

Alors si comme Antonio José Bolivar vous êtes pris de remors ou par la mélancolie, repartez lire ses romans d’amour pour oublier la “barbarie des hommes”.

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Oeuvres de Luis Sepulveda
– Le Vieux qui lisait des romans d’amour. – Le Monde du bout du monde – Le Neveu d’Amérique, – Un nom de toréro – Rendez-vous d’amour dans un pays en guerre – Ingrédients pour une vie de passions formidables – L’Ouzbek muet et autres histoires clandestines, – La Fin de l’histoire…
Violaine Champetier de Ribes
Auteure et Conférencière
Fondatrice de l’agence Le Meunier Qui Dort