le meunier qui dort
Les entreprises ont beaucoup à gagner d’une collaboration intergénérationnelle. La conférence « Quand les X parlent aux Y des réseaux sociaux » organisée mercredi 25 mars à Télécom Paris-Tech par Mina’s Talents a réuni les experts : Olivier Gonzalez (Ex DG Twitter France), Fadhila Brahimi (CEO Cofounder FB associés), Achraf Ayadi (vice-président de IEMEP) et Alban Jarry Vice-Président de XBRL France. Alors qu’ils ne sont pas des digital natives, ces Xmen & women ont fait un tour d’horizon des enjeux digitaux dans la vie professionnelle. Il en est ressorti que les entreprises ont beaucoup à gagner d’une collaboration intergénérationnelle.

Nous sommes face à une situation totalement inédite : le volume de données crées au cours des deux dernières années équivaut au volume de données crées depuis la naissance d’Internet . Dans 5 ans, plus de 50.000 objets connectés seront vendus. Face à ce raz de marée, les entreprises ont plusieurs défis à relever pour réussir leur transition numérique :

  • L’apparition de nouveaux concurrents : Start-Ups, Google… L’apprentissage du traitement de l’augmentation du volume des données internes et externes (collaborateurs et clients), leur protection. L’open Data et l’innovation figurent parmi les grands enjeux 2015. En général, la réflexion n’est pas encore très mûre en interne dans les entreprises sur le sujet.
  • La transformation du business : satisfaire le client, améliorer le produit, avoir des collaborateurs à la pointe, mais pas uniquement à l’aise sur les réseaux sociaux. En effet, le digital est également un état d’esprit qui nécessite de savoir intégrer l’innovation, fonctionner sur un modèle agile en circuit court, bousculer la hiérarchie, augmentation la convergence entre les services, casser l’organisation pyramidale.
  • Apprendre la Co-pétition, comment travailler avec les autres entreprises de son secteur ou pas. Création d’alliances, intégration de Start up, fablab, pépinières, accélérateurs.
    Intégrer les nouveaux outils de manière à créer de nouveaux modes de fonctionnement.

D’un côté la génération Y qui est très à l’aise avec tous les outils digitaux et les réseaux sociaux dans la vie personnelle, l’est moins dans la vie professionnelle. De l’autre, la génération X doit apprendre à fonctionner sur un modèle plus participatif et accepter la perte de contrôle. Par contre, c’est l’appétence à apprendre et à déconstruire qui permet d’accéder rapidement à la culture digitale, culture qui oblige à être en permanence en mode découverte et signe ainsi la fin des acquis (Fadhila Brahimi). Le reverse mentoring est un très bon exemple de coopération entre les digital natives et leurs ainés, mais il doit être mis en place dans un cadre pour être efficace. Les entreprises ont beaucoup à gagner de la collaboration de ces générations.

reseaux sociaux

Les réseaux sociaux sont des aimants à talents et des moyens pour apprendre à vivre ensemble dans un nouveau contexte économique (Alban Jarry). Cette façon différente de se rencontrer crée des contacts plus faciles dans la vie réelle car la relation est amorcée autour d’une expertise commune ou d’un centre d’intérêt professionnel identique. Les principaux freins à l’utilisation des réseaux sociaux sont d’ordre psychologique. Il ne faut pas avoir peur de se lancer, de sortir de sa zone de confort car tout est possible. Il y a une certaine empathie sur les réseaux sociaux professionnels qui permet un droit à l’erreur. On y retrouve les acteurs de son secteur économique et les règles sont donc les mêmes qu’au cours d’une réunion.

Est-on condamné à faire de l’e-branding ?

Selon Alban Jarry : «ne pas être sur les réseaux sociaux c’est prendre un risque professionnel, car ils sont devenus un outil de travail au même titre que Word ou Excel ». Fadhila Brahimi va encore plus loin en déclarant qu’« Aujourd’hui ne pas avoir un profil LinkedIn et un compte Twitter est discriminant ». Pour Olivier Gonzalez : « la présence sur les réseaux sociaux est désormais une activité quotidienne au même titre que la marche où se laver les dents. Il faut faire très attention dès le plus jeune âge à l’image que l’on construit, se préparer à faire connaître ses compétences et rendre ses expertises visibles. Il faut construire son profil et sa présence par rapport à un objectif professionnel ». Il est également important de travailler son réseau, précise Fadhila Brahimi: « le réseau est votre barrière de corail ».

Le mot de la fin a été présenté par Olivier Gonzalez : quel que soit leur âge, les personnes se connectent sur les réseaux sociaux autour de centre d’intérêt commun. What’s next ? La mobilité, le service, la culture et le data…. Il reste aux « Y » d’inventer les réseaux sociaux et le monde de demain.

Violaine Champetier de Ribes

@VioChamp

Vous aimez ? Partagez !
FacebookTwitterGoogle+Partager