marie-christine lanne

Étudiante, Marie-Christine Lanne se rêvait journaliste, historienne ou archéologue. Désormais Directrice de la Communication et RSE de Generali France son parcours est emprunt de valeurs fortes. Son métier n’a eu de cesse d’évoluer. De son premier voyage de presse à Trieste au début des années 90 à son trophée (Labcom Women/ TF1) de meilleure DirCom digitale 2014 en passant par sa présence dans « le top 20 des Dircom à suivre… » d’Hervé Monnier et bien d’autres… Marie-Christine est une des rares DirCom de la « banque finance assurance » à être présente dans les classements d’influence. Sa présence digitale lui permet de s’imprégner de l’air du temps. Détectrice de signaux faibles, elle relaye avec conviction les alertes sur les sujets qui lui tiennent à coeur. Elle twitte comme elle respire et telle qu’elle est : authentique et sincère. Rencontre avec une femme active qui met ses engagements en perspective dans sa vie professionnelle. Twitter : @Mc_Lanne 

Comment êtes-vous arrivée chez Generali ?

C’était il y a 27 ans maintenant. J’ai découvert le groupe alors que je faisais un stage chez un de leurs prestataires de service. J’ai eu un coup de cœur pour le professionnalisme, l’humanité et l’ouverture d’esprit de l’équipe de cette entreprise. J’ai découvert ensuite son incroyable patrimoine historique qui me passionne encore maintenant. Je garde un souvenir ému de ma découverte du siège historique à Trieste. On aurait pu se croire dans un musée.

La culture du groupe est formulée aujourd’hui à travers quatre fondamentaux : « Deliver on the promise », « Value our people », « Live the community », « Be Open ». Cela se traduit par le souci de respecter les gens pour être là quand le risque survient mais aussi d’avoir une ouverture d’esprit et d’écouter les idées nouvelles.

J’ai grandi dans un groupe qui a grandi. À chaque étape, j’ai fait face aux nouveaux défis avec une approche pragmatique. Par exemple à l’occasion du transfert du siège à Saint-Denis, nos salariés se sentaient déracinés et avaient une perception négative du territoire où nous nous installions. Mon goût pour l’histoire et le patrimoine m’a conduit à rencontrer les archéologues de la ville et nous avons élaboré ensemble une exposition et des conférences, à partir d’une opération de Mécénat, sur la grande foire commerciale du Lendit qui se tenait sur notre site au Moyen-Age. Une collaboratrice qui avait fait l’école du Louvre s’est proposée pour faire des visites guidées à l’heure du déjeuner pour faire vivre l’exposition. Elle a rencontré un vrai succès à tel point que nous avons ouvert la formule sur inscription aux habitants du quartier. Nous avons même fait partie des journées du patrimoine cette année-là. C’était une belle opération de communication pour un budget infime.

Comment se traduit l’esprit d’ouverture du groupe ?

L’assurance s’inscrit dans le temps long. On y raisonne en demi-siècles. Cela nous conduit à vouloir détecter les signaux faibles. Le développement du groupe repose sur des étapes visionnaires. Par exemple, nous avons eu un grand mécène au milieu du XIXème siècle, dirigeant de Generali qui a fortement contribué au percement du canal de Suez. Dans les années 1960, à l’époque de l’explosion du tourisme, Europ assistance est née de la mauvaise expérience en Espagne d’amis du créateur du concept. Il fallait de l’audace pour inventer l’assistance. Un dirigeant clairvoyant français, André Rosa, a misé sur cette idée et a permis l’invention mondiale d’un nouveau métier. Il avait aussi été le pionnier de la bancassurance dès 1961 en partenariat avec la banque Rothschild. Dans les années 1980, nous avons été les premiers sur le canal numérique, avec Minitel, puis nous avons noué des accords avec Boursorama et ING, devenant les leaders en assurance-vie en marque blanche. La nouvelle frontière des années 2000 a été le développement durable, je suis tombée dans la responsabilité sociale et environnementale (RSE) à ce moment-là.

Le développement durable effet d’image ou engagement réel ?

Il existe une véritable cohérence entre la mission de l’assurance et le développement durable. En 2004, j’ai réalisé que la courbe du carbone et la courbe des grandes catastrophes naturelles suivaient une tendance parallèle. 15 jours après Katrina, en 2005, notre président, Claude Tendil, a tenu un discours précurseur sur l’accélération des catastrophes naturelles, les problèmes de santé liés aux pollutions environnementales. Ce diagnostic nous a dirigés sur le terrain du développement durable et de la prévention des risques  avec une position d’accompagnateur. Nous avons alors changé la façon d’analyser les risques d’entreprises, en passant de 20 à 60 critères, et nous avons inventé un diagnostic de performance globale et labellisé les entrepreneurs les plus responsables. Les entreprises engagées dans cette démarche RSE réduisent fortement leurs risques. Nous avons constaté jusqu’à 30% de sinistres en moins et nous ajustons en conséquence nos tarifs pour ces entrepreneurs. En effet, plus de responsabilité dans les comportements c’est pour nous, assureurs, moins de risques. Tout le monde s’y retrouve !

Qu’est-ce qui vous a poussé à lancer des alertes sur les réseaux sociaux ?

J’ai eu la chance de rencontrer des spécialistes de renom (Dominique Bourg, Hubert Reeves, Jean Louis Etienne…) qui ont achevé de me convaincre de l’urgence de la situation environnementale. Dans ma position, que pouvais-je faire ? J’avais la volonté des partager ma vision des risques mais aussi relayer les solutions porteuses d’espoir. Il faut entraîner un maximum de gens à adopter des comportements plus responsables. Nous avons contribué à lancer plusieurs démarches, en particulier la charte du sport responsable et Entrepreneurs d’avenir (ce mouvement rassemble près de 800 chefs d’entreprises qui veulent concilier performance économique et RSE) qui sont regroupées sous la démarche globale « génération responsable » (http://www.generation-responsable.com/). Je me suis lancée dans l’univers des réseaux sociaux pour promouvoir les contenus du site et diffuser les points de vue de notre entreprise sur ces questions sociétales.

Quelle est selon vous l’évolution la plus marquante de la communication à l’ère digitale ?

A l’échelle de mon expérience, ce qui ressort le plus c’est que les marques sont devenues des médias avec le « brand content » et les médias sont devenus des marques.

Vous avez reçu le prix de la Dircom digitale Labcom Women / TF1 de l’année 2014. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Je suis née avant Internet et donc cette reconnaissance m’a fait d’autant plus plaisir. Je suis entrée dans le monde des réseaux sociaux avec la motivation de diffuser une certaine information. J’ai appris au fur et à mesure avec l’aide de mentors qui m’ont guidée. J’anime tous mes comptes moi-même.

Quels sont vos réseaux sociaux préférés ?

J’ai découvert Twitter fin 2011 et j’en suis fan. Twitter est devenu mon AFP. Ce réseau me passionne pour la veille, le partage avec des abonnés qui ont des centres d’intérêt commun et l’intelligence collective à portée de clic. J’y ai aussi fait un nombre incroyable de rencontres.

Je suis aussi très active sur Scoop It, un outil de curation de contenus qui permet d’avoir une veille active sur « l’infobésité » du web tout en focussant sur des thématiques que l’on définit. On m’a fait remarquer que ma curation sur le climat avait un côté pessimiste. Mais les enjeux actuels sont de taille et mes craintes de mère profondes sur les dérives actuelles du monde.

Avez-vous une devise que vous appliquez à l’exercice de votre métier ?

Test and learn : je l’ai toujours fait !

Violaine Champetier de Ribes  @VioChamp

Communication  personnelle des dirigeant(e)s

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