Le meunier qui dort
Est-elle brune, blonde ou rousse ? Qui est la femme digitale 2015 ? De 25 à 60 ans elle revêt tous les styles possibles et imaginables, mais c’est avant tout la femme du futur : digitale et entrepreneuse, celle qui trouvera plus naturellement sa place dans la société et dans l’entreprise.

La journée de la femme Digitale organisée le 13 mars au Palais Brognard par Catherine Barba et Delphine Rémy-Boutang s’est déroulée à guichets fermés. Au-delà des inévitables bars à tout (ongles, chignons, livres, tweets, thés…..) la journée a débuté par une intervention de Stéphane Richard qui a présenté le digital comme une chance pour les femmes. Le digital qui facilite la vie et notamment la vie des femmes apparaît comme un formidable outil d’émancipation. Orange qui compte 100 millions de clients en Afrique fait reposer sa stratégie de développement sur les femmes. Pour le PDG d’Orange, c’est également une magnifique opportunité en entreprise, car les nouveaux métiers du digital (Big Data, conseil…) sont ouverts aux femmes.

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La parité a occupé une bonne partie des débats. On pourrait croire que la révolution digitale en cassant les rentes et les monopoles permettrait aux femmes de briser le plafond de verre, mais le digital n’est pas perçu comme un levier d’évolution de carrière pour les femmes dans l’entreprise. Un signe de progrès cependant : dans l’industrie du numérique, on ne constate que 5% de différence de salaires entre hommes et femmes, sans atteindre une parfaite égalité, le ratio est meilleur que dans les autres domaines d’activités (20%). En amont, se pose aussi le manque de femmes dans les filières techniques.

Dans notre pays qui crée beaucoup de start-ups, si on veut que les femmes entreprennent plus, il faut aussi plus de femmes ingénieurs, dans l’informatique et les métiers techniques.

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L’école 42 créée par Xavier Niel compte moins de 8% de filles. Il faut plus de femmes dans les métiers techniques. Le digital est une chance pour l’entreprise, mais pas pour la mixité. Le débat s’est poursuivi avec des hommes engagés pour la mixité dans l’entreprise : Gérad Karsenti PDG de HP France, Jean-Marc Daniel membre du conseil d’administration de la Société d’Economie Politique et Sylvain Orebis fondateur d’Orientis.

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Selon l’étude réalisée par Capgemini Consulting, si la femme connectée est encore sous représentée dans le digital et ne représente que 25% des effectifs, elle n’est pas moins de plus en plus convoitée, et ce notamment parce qu’elle est très engagée dans son entreprise : 60% ont une démarche proactive. Alors que les entrepreneurs ne représentent que 5% de la population active, la femme connectée a la fibre entrepreneuriale : 26% d’entre elles sont entrepreneuses ou en passe de le devenir. Cela s’apparenterait-il au manque de levier d’évolution de carrière en entreprise ?

Au cours de la matinée, cinq femmes membres de Comex ont fait un point sur la transition numérique en France. Au cours de cette table ronde, plusieurs thèmes ont ainsi émergé. La transformation numérique se fait dans la durée et sans point de retour. Pour réussir sa transition digitale l’entreprise a donc besoin d’une organisée dédiée. Le numérique oblige aussi à repenser le management. Avant le manager était celui qui détenait l’information et donc le pouvoir. Le digital a mis à mal cette fonction.

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Pour une transition numérique réussie, il faut donc une vision stratégique de très long terme avec des livrables au mois de manière à garder le cap.

Un conseil donné à destination des dirigeants de PME : pour protéger l’innovation, lâchez prise, acceptez de ne pas tout contrôler, laissez faire. Cela suppose d’accepter la diversité : de points de vue, des méthodes et des métiers. Pensez sans cesse client. Pensez digital.

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Le digital est un médium différent qui repose avant tout sur la compréhension des besoins de l’humain, car la dimension humaine y est très importante. Les grandes entreprises ont donc besoin de collaborateurs qui comprennent les tendances, qui captent l’air de temps, sont ouverts et à l’écoute. Autant de soft skills qui permettent aux femmes d’être des atouts.

Il ne suffit pas de décréter qu’on a des valeurs, il faut les mettre en œuvre. Le numérique c’est l’univers de la transgression qui autorise l’échec, la libération de la parole en interne et donne un énorme pouvoir aux clients. Le vrai enjeu du numérique c’est de remettre l’humain au centre.

Violaine Champetier de Ribes
@VioChamp

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