Michael-Jais-CEO-Augure
Il y a une quinzaine d’années, la plupart des services utilisaient déjà des outils informatiques mais dans ce domaine, le secteur de la communication avait très peu de solutions à sa disposition. La société Augure spécialisée en supports dédiés aux relations publics et à la réputation est donc née de la volonté de pallier à ce manque. Il s’agissait alors d’apporter un ensemble de services conçus pour répondre aux besoins des communicants. Des services leur permettant de gérer leurs actions afin de les aider à délivrer leurs messages aux bonnes personnes. Michael Jais, Directeur Général d’Augure a accepté de partager quelques points de son expertise sur les pratiques des influenceurs en France, en Italie, en Espagne et en Grande Bretagne ainsi que sur l’évolution des relations presse à l’ère digitale.
Quels ont été les principaux défis à relever lors de la création de cette plateforme ?

Il y a eu deux défis majeurs. Le premier était d’éduquer les communicants. Utiliser et comprendre un nouvel outil prend du temps, or ces derniers travaillent souvent dans l’urgence et ont peu de temps disponible. Il est donc essentiel de réussir à

leur démontrer la valeur ajoutée de notre outil pour leur travail. Le second défi était d’arriver à proposer une solution qui puisse rassembler et traiter un maximum de contenus externes (journaux, radios, contenus online, offline…). A l’opposé des commerciaux qui manipulent essentiellement des données internes, les communicants n’utilisent quasiment que des données externes.

Quels ont été les grandes évolutions d’usage depuis la création ?

Avec l’explosion des réseaux sociaux et l’apparition de l’infobésité, il est de plus en plus compliqué d’effectuer un tri nous permettant de dégager la bonne information. Nous travaillons ainsi de plus en plus autour de l’intelligence des données pour aider nos utilisateurs à transformer ces données en informations concrètes et à les intégrer dans leurs stratégies et prises de décisions.

influenceurs

Quelles sont les principales différences de comportements sur les réseaux sociaux entre la France, l’Italie, l’Espagne, la Grande Bretagne ? Un pays parmi ces derniers a-t-il plus d’influenceurs que les autres ?

Il existe une certaine homogénéité entre les différents pays européens quant à leurs utilisations des réseaux sociaux. Bien sûr, il y a certains réseaux que l’on peut qualifier de « nationaux », mais ces derniers sont minoritaires en Europe. Le constat est en revanche différent si on s’intéresse aux marchés russes ou chinois (Weibo, WeChat …) qui possèdent leurs propres réseaux sociaux pour pouvoir répondre aux comportements spécifiques de leurs utilisateurs.

Les marchés anglais et espagnols possèdent plus d’influenceurs que leurs homologues français et italien. Il y a une explication à cela, les médias français et italiens ont mieux résisté à la crise que les autres. De ce fait les journalistes anglais et italiens ont eu plus de mal à trouver leur place, favorisant une forme de marché parallèle et donnant ainsi naissance aux blogueurs que l’on connait aujourd’hui.

social media

Y a-t-il des différences de comportement entre les influenceurs de ces différents pays ? ou par sujet plus ou moins couvert ?

Il y a surtout davantage de différences entre les secteurs d’activités qu’entre les pays. Par exemple, certains secteurs tels que la mode ou l’high-tech sont plus monétisés que leurs homologues. Pour d’autres comme la santé, ce sont les échanges et l’expertise entre les marques et les influenceurs qui prédominent.

A votre avis quels sont les nouvelles compétences nécessaires pour les relations presse actuellement ?

Il faut que ces professionnels soient capables d’écrire sur les nouveaux formats et de comprendre leurs spécificités pour adapter leurs messages (Content marketing). Il est également important de maitriser la conversation avec les influenceurs et de bien assimiler leurs codes et usages, donc avoir des compétences de community manager également.

Vers quelles principales évolutions va-t-on ? Quels sont les fondamentaux qui demeurent ?

On se dirige vers une fin des réseaux sociaux généralistes, pour aller vers des réseaux plus communautaires en fonction des centres d’intérêts de leurs membres. On dénote aujourd’hui une dispersion de l’autorité (chefs d’entreprises, leaders d’opinion…), il faut faire preuve d’humilité et sans cesse recréer sa légitimité.

Combien avez-vous d’influenceurs dans votre base ?

On dispose sur notre base française de 45 000 journalistes et de 15 000 blogueurs. Il y a plus de 800 000 influenceurs sur notre base européenne/mondiale.

D’après quels critères qualifiez-vous les influenceurs ?

On distingue trois points pour qualifier un influenceur. Son audience, par exemple son nombre de followers sur Twitter, ou encore l’audience des médias dans lesquels l’influenceur publie. C’est ce qu’on appelle l’exposition. On s’intéresse aussi à son écho, c’est-à-dire sa capacité à être propagé par sa communauté (les retweets, backlinks). Puis enfin sa légitimité, c’est à dire son expertise au sein du domaine dans lequel il évolue.

influence

Quels sont vos conseils par rapport à l’évolution des relations presse ?

Il faut que les relations presse se rapprochent du marketing. C’est à la fois une menace, car le marketing est focalisé sur le retour sur investissement, mais c’est surtout une formidable opportunité. Les relations presse sont des professionnels de la relation, ils savent composer avec des relations sensibles, ce qui est un atout majeur à l’ère du marketing digital, où la relation avec le consommateur se place au cœur de toutes les stratégies. Il est important pour les relations presse d’améliorer leur capacité à mesurer les résultats de leurs actions et développer ainsi une mentalité ROI, pour réussir à réintégrer la « marketing family ».

Quels sont vos recommandations pour devenir un influenceur ?

Tout d’abord il faut être un passionné, il est aisé de repérer une personne qui écrit par passion d’une personne qui écrit seulement pour l’aspect financier. Ensuite, il faut avoir envie de partager ses connaissances avec les autres. Enfin, garder un esprit ouvert aux différents points de vue des membres de la communauté qui nous intéresse.

Violaine Champetier de Ribes

@VioChamp

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