dangerecole.blogspot.fr @jack

Les dérives californiennes rappellent l’importance de l’humain au sein de la nouvelle économie. Le 21 juin, le Huffington post est revenu sur les dérapages du patron d’Uber : Travis Kalanick (ici) . Qualifié de toxic boss, ce dernier n’est malheureusement pas le seul.

Les qualités requises pour être un start-upeur efficace, l’ambition effrénée, la désobéissance, etc. sacrifient rapidement toutes les autres sur l’autel de la rentabilité et de la valorisation. Certaines régressions sociales indues par ces modèles extrêmes auraient surement beaucoup inspiré Dickens et Zola. En effet, une fois, les investisseurs convaincus, les levées de fond réalisées, le fondateur se trouve sur des nouveaux territoires sans limites où l’obsession des résultats permet tout.

Ces exemples permettent de mettre en valeur l’importance de l’humain au sein de cette révolution numérique. En effet, rien ne garantit qu’Uber ne soit pas une gigantesque bulle prête à éclater. Par ailleurs, on peut aussi se demander ce qu’il va advenir des chauffeurs, quand, comme cela est prévu, ils vont être tout à coup remplacés par des véhicules autonomes.

L’arbre ne doit pas cacher la forêt.

Heureusement, le niveau d’éthique des nouvelles générations fait apparaitre des modèles véhiculant des valeurs humaines réelles. Si disrupter et remettre en cause l’ordre établi sont les molécules à la base de l’ADN de la nouvelle économie, nombreux sont ceux qui le font avec du sens. Les Y et Z sont impatients, et ce surtout en ce qui concerne l’impact de leurs actions. Dans les start-ups technologiques, on voit désormais apparaître une entité à vocation sociétale dès la création sous une extension dot org. Financée en partie par la vente des actions de la société mère dont elle a été dotée à la création, cette extension permet la mise à disposition directe des technologies développées pour des causes humanitaires. Parmi celles-ci, Eric Archambeau m’a indiqué Sum All qui met ses algorithmes au service de la ville de New York lui permettant de détecter en amont les foyers en grande précarité et d’éviter leur expulsion.

Nous avons aussi, en France, un bel exemple avec la démarche du Liberté Living Lab qui porte la « Tech for Good » et héberge des start-ups ayant pour but de créer un impact sociétal comme Techfugies. Incubateur engagé pour une innovation technologique, civique et sociale, le Liberté Living Lab encourage l’émergence et le développement d’initiatives en faveur d’enjeux de bien commun. Une bonne nouvelle surtout lorsque que l’on sait que notre Secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi, y travaillait pour sa start-up French Bureau dont la mission est de développer des solutions positives pour l’économie, et ce, avec une éthique inclusive.

L’Europe a une véritable place à prendre et une vraie carte à jouer dès maintenant. L’Estonie montre la voie avec son modèle de plateforme d’Etat « citizen centric » et sa volonté politique d’inclusion et de durabilité. Une prise de position européenne forte imprégnée d’une volonté réelle pourrait aussi contribuer à construire des réponses plus efficaces face aux Gafa et autres nouveaux mastodontes mondiaux.

L’empowerment des citoyens en soutien de stratégies publiques concrètes plaçant l’utilisateur (et non plus le concepteur…) au centre peut contribuer à une telle démarche. Assurer un cadre économique européen favorisant des start-ups et une disruption sans que cela ne se fasse au détriment de l’humain reste un véritable chantier.

La tech doit rester un outil piloté par des humains pour des humains. Elle ne doit pas être un moyen de spéculations financières exponentielles à qui ont permet tout même l’absence de rentabilité.

La bataille, si elle a lieu, (ce que j’espère) va être féroce. En effet, les plateformes qui émergent et qui mettent l’expérience utilisateur au coeur de leur démarche transforment ceux dont ils ont besoin pour assurer le service en commodité. Et les services qu’ils créent sont efficaces.

Dans ces conditions, comment trouver le juste équilibre entre celui qui assure la relation (la plateforme) et celui qui apporte la compétence nécessaire (souvent sous forme de data) tout en respectant l’humain dans son parcours de création de valeurs?

Équilibre… c’est ça le mot….

Remerciements particuliers à Jérome Wallut :)

et à Jack pour ses dessins qui me plaisent tant (à retrouver : ici )

Violaine Champetier de Ribes

@VioChamp

Digital Ghostwriter & innovation hunter

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